Casson le 15 Juillet 2006
« Réouverture de la ligne ferroviaire Nantes-Châteaubriant »
« Un Projet qui manque d’ambition ! »
Dans les réunions publiques d’informations, les différents intervenants ont insisté sur l’attente de la population et vanté les bienfaits de la réouverture de la ligne Nantes – Châteaubriant. Les perspectives du projet :
- faciliter et améliorer les déplacements,
- offrir une alternative crédible à la voiture,
- favoriser un développement équilibré des territoires,
- multiplier les destinations accessibles.
Malheureusement Casson, commune de 2036 habitants qui ne demande qu’à se développer, est laissée pour compte : pas d’arrêt prévu à Casson !
Les Cassonnais, convaincus des bienfaits de la ligne Nantes-Châteaubriant, réclament haut et fort la réouverture de la gare de Casson ou d’un arrêt situé sur leur commune. De notre mode de vie actuel découlent des déplacements automobiles quotidiens entre la résidence et le lieu de travail ou les lieux de Culture et de loisirs, avec les risques d’accidents, la fatigue, la consommation de carburant et les nuisances environnementales qui vont avec ! Avec un arrêt à Casson, ce nouveau service public confortable et sûr va dans le sens du développement durable.
Or, à chacune des réunions de concertation auxquelles nous avons participé (Nort sur Erdre, Sucé sur Erdre et Abbaretz), les élus régionaux, départementaux et communaux, les représentants de la SNCF et de RFF, s’opposent à cet arrêt. Les arguments avancés sont les suivants :
- une étude de clientèle datant de 2002 aurait montré que le potentiel voyageurs à Casson est trop faible pour présenter un intérêt commercial,
- une gare en pleine campagne : la ligne ne passe pas dans la commune, c’est historique ! Certaines études auraient démontré que ces arrêts sont peu fréquentés,
- un service de cars sera mis en place pour acheminer les usagers vers les gares avoisinantes,
- la durée du trajet Nantes-Châteaubriant ne doit pas dépasser une heure afin de ne pas pénaliser les usagers du nord de la ligne,
- si un arrêt à Casson devait voir le jour, un autre arrêt devrait être supprimé, pour respecter le délai et le coût prévisionnels,
- le foncier n’est pas acquis pour la construction des infrastructures (accès, parking, arrêt,…).
Les Cassonnais pensent que ces arguments ne tiennent pas la route (ou plutôt le rail !) et que rien n’empêche les différents partenaires de décider de donner à ce projet plus d’ambition en ne laissant pas les Cassonnais sur le bord de la voie !
Voici le fruit de notre réflexion sur le sujet.
Le potentiel voyageurs à Casson est trop faible…
Casson, une commune qui a vu sa population passer de 1320 habitants en 1999 à 2036 habitants aujourd’hui, n’aurait pas un potentiel voyageurs suffisant, permettant de justifier l’investissement supplémentaire généré par un arrêt sur cette commune ! Difficile à croire.
Quelques chiffres :
- 2036 habitants en juin 2006 à Casson : seulement 1824 à Issé et 1711 à Abbaretz (chiffres donnés par les mairies concernées au téléphone en juin 2006)
- 2700 habitants en 2010 à Casson (d’après le bulletin communal de 2005)
- 60 usagers potentiels d’après l’étude de clientèle de 2002 permettent de faire un arrêt à Abbaretz (chiffre évoqué lors de la réunion de concertation publique d’Abbaretz)
- 562 personnes (représentant entre 1000 à 1200 habitants) se déclarent « POUR un arrêt à Casson » d’après un sondage réalisé, sans tapage ni démarchage, grâce aux quatre commerces cassonnais
Les Cassonnais pensent qu’un arrêt sur leur commune apporte un plus pour envisager les études de leurs enfants vers les sites universitaires nantais, les grandes Ecoles et l’accès pour tous aux loisirs et à la Culture.
Nous sommes convaincus que si une étude clientèle était à nouveau réalisée à Casson, le nombre d’usagers potentiels serait certainement supérieur à celui d’Abbaretz (60 personnes).
Avec un peu d’ambition la circulation entre Casson et Sucé-sur-Erdre serait délestée de quelques centaines de voitures. Faites les calculs de probabilité !
Une gare en pleine campagne…
On nous a dit et répété : « la voie ne passe pas dans la commune, c’est historique ! » Et alors, il y avait bien une gare aux Grands Bois par le passé et on ne se posait pas toutes ces questions.
- Eloignement de l’arrêt par rapport au bourg de Casson : environ 3 km
· le développement de la commune est prévu en grande partie dans le doublement du quartier de la Chesnaie situé à 2 km seulement de la ligne
· beaucoup d’usagers des autres communes devront faire au moins cette distance pour se rendre à l’arrêt le plus proche !
· possibilité de s’y rendre à bicyclette
· on peut aisément envisager une petite navette desservant la commune : plus conviviale, plus rapide, plus modulable, plus facile à gérer que le réseau Cars proposé par le projet
- Avantages d’une gare en campagne :
· pas de problème de sécurité (école, riverains…)
· pas de problème de place pour construire l’arrêt, le parking et les accès (plus facile de créer que de modifier)
· possibilité de créer si besoin une voie d’évitement (pour le croisement des Tram Train)
· pas de nuisances visuelles et sonores
· une billetterie peut être mise en place dans un commerce cassonnais
Même si des études ont montré que les gares de campagne étaient moins fréquentées que celles des communes plus importantes à proximité, rappelez-vous qu’il s’agit de train ! On nous répète que le Tram Train est un autre concept : les usagers auront un autre comportement, la proximité et la simplicité avant tout.
N’ayez pas d’à priori ! Une gare en campagne c’est ambitieux : un ticket pour l’avenir !
Un service de cars…
Afin de permettre l’accès des Cassonnais au Tram Train, des liaisons en cars vers la gare de Sucé-sur-Erdre ou de Nort-sur-Erdre (enfin nous le supposons car cela n’a jamais été abordé !) seront mises en place. Nous tenons à vous rappeler plusieurs points :
- les routes sont sinueuses et dangereuses et sont fréquentées par de nombreux camions venant ou se rendant à la carrière
- le car est loin d’être le moyen de transport le plus agréable et de ce fait ne sera pas le mode de transport retenu pour se rendre vers les gares
Avez-vous pensé au scénario suivant : comme il ne pourra pas être fait des arrêts dans toute la commune, les usagers devront prendre leur voiture personnelle pour se rendre à un arrêt, puis prendre le car avant enfin de pouvoir profiter du Tram Train ! Quelle complexité ! Du coup, les Cassonnais prendront leur voiture personnelle pour se rendre à la gare la plus proche voire jusqu’à leur destination finale.
Avouez que pour « faciliter et améliorer les déplacements », et « offrir une alternative crédible à la voiture », on pouvait s’attendre à plus d’ambition !
La durée du trajet Nantes-Châteaubriant ne doit pas dépasser 1 heure…
La durée du parcours qui ne doit pas dépasser 1 heure est également un leitmotiv ! Etes-vous sérieux quand vous affirmez que les Castelbriantais ne prendront pas ce type de transport si le trajet dépasse la durée « arbitrairement choisie » d’une heure ! Si le trajet se fait en 1h02, la ligne sera-t-elle désertée ?
- un arrêt a été ajouté à la Chapelle-sur-Erdre sans que cela ne remette en question tout le projet !
- on nous a dit qu’un arrêt type tram prend peu de temps et on nous vante les avantages du Tram Train qui cumule ceux du tram et du train : accélérations et freinages rapides, arrêt type tram donc peu de perte de temps entre les stations !
- les responsables des horaires SNCF vont forcément réussir à trouver un nouveau cadencement s’ils le veulent vraiment.
- le Tram Train n’ira à Châteaubriant qu’en 2013, ce qui laisse 3 ans pour trouver une solution en cas de problème réel de timing (ce qui reste à démontrer)
Nous sommes convaincus que le choix du bon matériel roulant associé à une étude approfondie du cadencement rend possible la création d’un arrêt supplémentaire à Casson sans pénaliser qui que ce soit !
Un peu d’ambition car nous savons tous qu’ « avec la SNCF c’est possible ! ».
Un autre arrêt doit être supprimé
Lors de la réunion d’informations de Sucé-sur-Erdre, nous avons entendu : « si un arrêt est créé à Casson il faut en supprimer un ailleurs » ! Qu’on ne se trompe pas. Notre démarche est d’obtenir un arrêt pour la commune de Casson et nous ne souhaitons pas que cela se fasse au détriment d’une autre commune. Par contre, si comme cela nous a été avancé, il faut réellement retirer un arrêt pour que le projet puisse voir le jour, alors nous vous proposons celui de La Chapelle Aulnay !
- actuellement 4 arrêts sont prévus à la Chapelle sur Erdre, aucun à Casson !
- le grand quartier Aulnay est un projet, les 2036 habitants de Casson sont déjà là !
- les Chapelains ont déjà le réseau bus de la TAN (beaucoup moins contraignant que le car) et ont l’habitude de l’emprunter. Les usagers du quartier Aulnay prendront logiquement et sans problème le bus pour aller à l’arrêt du centre : pas de perte de clientèle !
Cela ne choque personne de mettre les Cassonnais dans des cars, alors laissons les Chapelains prendre leur bus !
L’ambition de ce projet est-il de donner accès au Tram Train à un maximum de population ou bien de donner un maximum d’accès aux habitants de la périphérie nantaise déjà privilégiés en infrastructure (6 gares entre Nantes et la Chapelle-sur-Erdre) ?
Respecter le délai et le coût prévisionnels…
Nous sommes conscients que le projet est très lourd économiquement et qu’il va peser de façon non négligeable dans les budgets des différents partenaires le finançant. Mais pourquoi les Cassonnais auraient-il seulement le droit de payer leurs impôts sans profiter directement et pleinement des transports collectifs ?
Nous espérons que votre obstination affichée de vouloir à tout prix débuter le chantier et le terminer dans les temps et en respectant les coûts prévisionnels, n’est pas votre seule ambition dans ce projet.
Le foncier n’est pas acquis…
Enfin, un des derniers arguments évoqués est que le foncier à Casson n’est pas acquis ! Tout citoyen sait très bien que l’expropriation est un droit que les collectivités savent utiliser si cela est nécessaire pour le bien de la population.
Nous ne sommes pas dupes : quelques centaines de m² à acheter au prix de l’expropriation (quelques centimes d’euro le m²) revient à une misère dans un budget prévisionnel tel que celui du Tram Train !
Avoir de l’ambition ne coûte pas forcément cher !
Le développement économique ne s’arrêtera pas à Casson …
Casson a été oubliée ou ignorée ! Casson est aujourd’hui mal desservie (transports, commerces). Vous nous dites que le projet Tram Train Nantes-Châteaubriant contribuera à favoriser le développement des communes et conduira à un aménagement équilibré du territoire, Casson n’en profitera que si et seulement si un arrêt est aménagé dans la commune.
Sans arrêt à Casson, c’est l’arrêt du développement équilibré. Seules les communes de Nort-sur-Erdre et de Sucé-sur-Erdre bénéficieront du développement durable !
Nous pensons qu’il faut que vous ayez de l’ambition pour les 2036 habitants de Casson !
Nous espérons que cette concertation n’est pas que de la poudre aux yeux et que nos remarques seront entendues, car nous avons tout de même l’impression que malgré ce qui nous est dit « tout est déjà décidé ».
Pour conclure, nous tenons à vous rappeler que :
- la rareté et le prix du foncier à Nantes ou dans la première couronne relèvent de l’impossibilité pour de nombreuses personnes de rester dans l’agglomération Nantaise
- l’accessibilité à la métropole Nantaise, et à Châteaubriant c’est la possibilité pour chacun de s’y déplacer à partir de CASSON quels que soient son âge, son niveau de revenu, son handicap, sa situation sociale ou familiale
- il ne faut pas remettre au lendemain ce qui peut être fait maintenant (et qui doit être fait). Mieux vaut faire cet investissement dès maintenant. Plus tard, le coût sera bien plus élevé
- les déplacements, c’est aussi une question de justice sociale ! Des villes européennes comme Sarreguemines, Grenoble, Mulhouse, Strasbourg (France) Sarrebrück, Karlsruhe (Allemagne) Genève (Suisse) mettent un réseau au service des usagers de la ville et de la campagne.
Nous souhaitons que les acteurs de ce projet le rendent réellement AMBITIEUX en septembre en promouvant le transport ferroviaire pour CASSON. Nous remettons au Président du Conseil Régional des Pays de la Loire la liste des 562 personnes se déclarant pour un arrêt à Casson.
Nous sommes à votre écoute !
Rappel des propos de Monsieur Jean Marc Ayrault :
« Le service public est nécessaire à la cohésion sociale. Quand il y a un trop grand décalage entre ceux qui ont la chance de pouvoir disposer d’informations et les citoyens qui ont autant d’intelligence que nous pour comprendre les choses, il se creuse un fossé énorme de compréhension. A ce moment là, quand il est temps de prendre des décisions et de faire des choix, cela ne marche pas. Il y a des explications. Nous sommes tous responsables de cela. » (Extrait du discours du SCOT* de juin 2005)
* SCOT = Syndicat mixte du schéma de cohérence territoriale de la métropole Nantes-Saint Nazaire
La responsabilité des élus est de donner de l’espoir, non basé sur des paroles, mais sur des actes concrets : un projet réellement ambitieux, un arrêt à Casson !
Il y a 25 ans les Cassonnais se battaient pour que la ligne Nantes-Châteaubriant ne soit pas fermée.
Aujourd’hui, les Cassonnais veulent profiter pleinement des bienfaits de la réouverture de la ligne avec un arrêt sur leur commune.
Demain, les Cassonnais se battront pour que la réouverture de la ligne Nantes-Châteaubriant se fasse avec CASSON !
Un groupe de Cassonnais !
BLANCHARD Jean Yves - CAVALIER Florent
LAMAMY Claude - LANGLAIS Denis
LECOINTE Franck - SALMON Joël
ZIMMERMANN Sylvain
Courrier adressé à :
- la mairie de Casson
- les mairies de Nantes, la Chapelle-sur-Erdre, Sucé-sur-Erdre, Nort-sur-Erdre, Abbaretz, Issé et Châteaubriant
- M. Claude Ménager, Président de la Communauté de Communes Erdre et Gesvres
- M. Jean Marc Ayrault, Président de Nantes Métropole
- M. Xavier Amossé, Conseiller Général du canton de Nort-sur-Erdre
- M. Patrick Mareschal, Président du Conseil Général de Loire Atlantique
- M. Jacques Auxiette, Président du Conseil Régional des Pays de la Loire
- M. Gilles Bontemps, Vice-président du Conseil Régional des Pays de la Loire en charge des transports
- M. Hervé Bocher, Vice-président du Conseil Régional des Pays de la Loire
- M. Serge Michel, Directeur Régional de Réseau Ferré de France
- M. Jean Christophe Archambault , Directeur de la région S.N.C.F. de Nantes
- M. Michel Hunault, Député de la circonscription de Châteaubriant
- M. Dominique Perben, Ministre des Transports
- M. Jacques Barrot, Commissaire européen en charge des transports